Écrire sur.
Mellin de Saint Gelais et les supports d’une poésie vivante

Quand Clément Marot et les poètes de la Pléiade s’attachent à l’édition et à la diffusion imprimée de leurs textes, Mellin de Saint-Gelais se défend de toute volonté d’immortalisation :

Quant à ma part je ne souhaitte
Que mention de moy soit faicte
En livre ny en autre place,
Fors seule en votre bonne grâce[1].

Mellin de Saint-Gelais est reconnu comme un poète majeur de la Cour de France sous François Ier puis Henri II. Rétif à la publication imprimée de ses œuvres[2], il a tendance, dans l’histoire littéraire, à s’effacer devant ses illustres contemporains. Son œuvre est en effet très majoritairement manuscrite[3], et le poète a de plus l’habitude d’offrir certaines pièces à des destinataires bien spécifiques, en écrivant le poème directement dans des livres leur appartenant, ou sur des supports plus insolites encore : vers tracés sur des tablettes de cire, gravés dans un miroir, inscrits sur un luth, etc. Cette pratique peut contribuer à rendre l’accès à l’œuvre de Saint-Gelais délicat pour les lecteurs aujourd’hui. Elle témoigne néanmoins d’une écriture poétique ancrée dans la vie sociale, révélatrice de la place du poète dans l’univers de la Cour de France.

L’adéquation entre support, sujet et destinataires des poèmes apparait chez Saint-Gelais comme le manifeste d’une poésie vivante, exprimée au plus près des puissants et des enjeux curiaux. Elle pose la question de la présence du poète, entre parfaite contemporanéité au lecteur du XVIe siècle et évanescence, fragilité d’une œuvre manuscrite égrenée au fil des supports et des réécritures.

Un état des lieux des différents supports sur lesquels Mellin de Saint Gelais aurait écrit sera tout d’abord établi. Ces supports mettront ensuite en lumière les figures de leurs destinataires, et la place du poète dans l’univers de Cour. Enfin, ces analyses révéleront une poésie vivante et diffuse, destinée notamment à conserver le souvenir du poète dans la mémoire de ses proches contemporains.

État des lieux des différents supports utilisés par Saint-Gelais

En se fondant sur l’édition des textes de Saint Gelais par Prosper Blanchemain[4], il est possible de distinguer différents types de supports sur lesquels le poète est supposé avoir inscrit ses vers. La majorité de ces pièces seraient écrites sur des livres d’heures ou des psautiers appartenant à des jeunes femmes en lien avec la Cour de France ; cependant, il pourrait exister d’autres types de supports. Il est ainsi possible de trouver des poèmes écrits sur des romans[5] ou un recueil de poèmes[6], mais également sur d’autres supports plus insolites : instruments de musique – luths et guitares[7], tablettes[8], miroir[9], tableau[10], gants[11], boîte de poudre dentifrice[12]. Les vers pouvaient également être inscrits sur des papiers attachés aux pattes de petits oiseaux[13] s’envolant parmi les dames, ou sur un feuillet lancé d’une fenêtre[14]. Il est difficile de déterminer si ces différents supports ont bel et bien existé : le poète avait-il véritablement pour habitude d’annoter les livres d’heures et autres objets quotidiens, « éparpillant[15] » ainsi son œuvre au gré des supports et des destinataires ? Comment les pièces ont-elles été retrouvées, recopiées et référencées ?

Les titres donnés aux poèmes, présents dans l’édition de Blanchemain[16], sont un premier élément utile pour l’identification des supports des pièces. En ce qui concerne les poèmes attachés à des oiseaux, leur première attestation se trouve dans le ms. Téophile Belin n° 370[17]. L’édition de Blanchemain propose le titre suivant : « Escritaux attachés aux pieds de petits oiseaux, que des mattacins laissèrent aller parmi les dames » ; le ms. Belin 370 ajoute « faicts sur le champ ». Le manuscrit comme la version imprimée apportent la précision suivante : « de chacun en escrivit, une douzaine, et tous furent attachés aux oysillons ». Ce manuscrit est particulièrement intéressant en cela qu’il aurait été dressé du vivant de Saint Gelais, et peut-être même par le poète lui-même, comme l’indiquent Claire Sicard et Pascal Joubaud :

Le contenu du ms. […] et l’écriture du copiste principal, qui ressemble beaucoup à celle de Saint-Gelais lui-même et pourrait bien être la sienne, permet de penser que la copie date des derniers mois de l’existence de Saint-Gelais. Ce manuscrit est donc particulièrement important parce qu’il est, à notre connaissance, le dernier composé du vivant de Saint-Gelais, vraisemblablement par le poète lui-même et qu’il contient plus des 2/3 des pièces qui ont pu lui être attribuées[18].

Les titres et mentions relatifs au traitement particulier des poèmes – le nombre de copies nécessaires pour pourvoir tous les oisillons, par exemple – pourrait donc provenir du poète lui-même, ou encore d’un contemporain ayant assisté à la scène. Ce manuscrit présente d’autres titres révélateurs de supports particuliers : « En une image de Ste Catherine aux heures de la Reine nommée Catherine » ou « Encor’en une image de St Sebastien es heures D’une Dame[19] » par exemple.

Divers éléments apportés par Prosper Blanchemain dans son édition de Saint-Gelais vont également dans le sens d’une justification de ces supports. Au sujet du poème « Amour m’a faict ce voyage entreprendre[20] » intitulé « En un Saint Jacques », le critique[21] indique la référence à Feuillet de Conches, qui, dans son ouvrage Causeries d’un curieux, évoque ainsi les poèmes de Saint Gelais notés directement sur un livre appartenant à une dame :

En un sainct Jerosme, En un sainct Jacques, En un sainct Christofle, En une Magdeleine, ont été écrits, en 1550, sur un Album interfolié de peintures et de poésies, appartenant à madamoyselle Marie Campane, depuis femme de Nicolas de Herberay, seigneur des Essarts[22].

De même, concernant le poème « Si entre tous ce livre je vous donne[23] », Blanchemain précise que « Sainct-Gelays envoie à quelque dame les Illustrations des Gaules de Jean Le Maire de Belges[24] » – le poème en lui-même indique bien qu’il accompagne un tel don :

Si entre tous ce livre je vous donne,
Je ne suis point temeraire donneur :
Vostre beauté le commande et ordonne,
Et votre los de vertu guerdonneur :
Car vous étant le lustre et le bon heur
De nostre Gaule, et de ses nations,
C’est bien raison que l’hommage et l’honneur,
Se face à vous des Illustrations. […]

On ignore si ce poème a été écrit directement sur le livre en question ou s’il était noté sur un papier ou une lettre accompagnant l’envoi. Il apparaît cependant bien que Saint Gelais pratiquait une poésie immédiate et de circonstance, une poésie du don. Sa pratique poétique s’inscrivait ainsi de façon palpable, matérielle, dans la contemporanéité.

D’autres sources évoquent cette pratique, et plus précisément l’habitude de Saint Gelais d’annoter des livres d’heures. Dans son Enquête sur la calligraphie des manuscrits du Moyen-Âge[25], E.H. Langlois commente ainsi les pratiques poétiques de la Cour d’Henri II : « ne sait-on pas que des galants, des poètes de cour, ne se gênaient nullement alors pour accoler aux miniatures de certaines heures des vers amoureux, allusifs aux images les plus révérées[26] ? ». Il cible ensuite directement Saint-Gelais, dont l’œuvre a laissé le plus grand nombre d’exemples de « ces étranges saillies amoureuses[27] », poèmes « dont il égaya les Heures de quelques dames, à certains endroits de leurs images d’or[28]. » L’abbé Henri Joseph Molinier, biographe de Saint-Gelais[29], condamne les pratiques fort peu orthodoxes de son poète qui « se plaisait à surcharger les livres d’heures des demoiselles de quatrains érotiques[30] » ; « il en écrit partout[31] », s’insurge-t-il, des images saintes au calendrier, et même à la couverture. Molinier insiste bien sur la réalité de ces supports, les livres d’heures sont, écrit-il encore, « scandaleusement annotés[32] ». Le biographe imagine[33] même son poète à l’œuvre, directement en prise avec son support, lorsqu’il écrit un poème auprès d’une image de David :

Il prend un livre d’heures pour satisfaire sa coupable manie d’inscrire des couplets érotiques. Il l’ouvre, une image est là : elle représente David estant menacé de l’ange. Cette vue le frappe, il réfléchit et se met à écrire[34] […].

Certains poèmes portent enfin en eux-mêmes – c’est-à-dire au cœur même de leurs vers – des éléments tendant à prouver qu’ils étaient bien inscrits directement sur un support particulier. Saint Gelais ajoute ainsi ses vers à la guitare de Mlle de Traves, comme d’autres admirateurs avant lui :

Traves, si tous vos serviteurs
Veullent laisser, solliciteurs,
Leurs escrits sur vostre guiterre,
Guiterre soit toute la terre[35].

Les écrits sont bien ici censés être laissés « sur » l’instrument ; Blanchemain commente d’ailleurs ce poème de la manière suivante : « Sainct-Gelays, habile musicien, a fait, comme on l’a vu, de nombreuses inscriptions pour des guitares[36]. » Quant au poème inscrit sur le psautier de Jeanne de Savoie, il indique en ses vers le support comme le destinataire : « Ce psautier est à Janne de Savoye / Merveille n’est si du ciel tient la voye[37] .» On trouvera également de nombreuses autres mentions des supports dans les poèmes, associées à des pronoms démonstratifs tendant à désigner certains objets comme les supports des vers de Saint-Gelais : « Le pouvoir est entre les mains / Dont ces gants sont la couverture[38] » pour un poème inscrit sur ou glissé dans un gant, « Tout ainsi que ces Heures blanches[39] » pour des vers écrits dans un livre d’heures, etc.

Ces différents supports sont le témoignage d’une pratique poétique ancrée dans la vie sociale contemporaine, et révèlent la main du poète derrière les aimables vers. Ces derniers se lisent comme des présents offerts à des destinataires ciblés ; il est ainsi possible d’esquisser, derrière ces hommes et femmes ayant reçu dons de poèmes de la part de St Gelais, la place du poète à la Cour.

Typologie des destinataires et place de Saint-Gelais à la Cour

Les poèmes de Saint-Gelais inscrits sur des supports spécifiques étaient majoritairement, si l’on en croit leur teneur badine, destinés à des jeunes femmes. La plupart ne sont pas clairement identifiées. Cependant, sur la base des indications données par Prosper Blanchemain, on peut penser que plusieurs filles d’honneur de la reine Catherine de Médicis auraient vu leurs livres d’heures et psautiers annotés par l’aumônier du roi : Mlle de Rohan, Mlle de Charlus, Mlle de Saint Léger, Mlle d’Auteville. On imagine bien ainsi un poète au plus près des hautes sphères du pouvoir, son talent lui donnant accès à des personnages éminents de la vie de Cour. Il écrit également sur les livres de différentes autres femmes nobles, comme Mlle de Traves, femme d’Antoine de Gramont, conseiller du roi, Mlle de Nemours, fille de Philippe de Savoie, duc de Nemours, et épouse du duc de Mercoeur, ou Mlle Marie Campane, épouse de Nicolas de Herberey, seigneur des Essarts. Mellin de Saint Gelais dédie d’ailleurs un poème à l’époux de Marie Campane ; cette pièce sera imprimée au premier tome de l’Amadis[40] traduit par Nicolas Herberay. Ce dernier publie quant à lui un huitain[41] adressé à Saint Gelais. Au sujet d’un poème associé à un gant, Blanchemain suppose que le poème a « été fait pour quelque grande dame, Diane de Poitiers, peut-être[42] ? ».

La famille royale, comme le couple royal lui-même, n’est pas en reste, durant le règne de François Ier comme celui d’Henri II. Saint Gelais consigne par exemple un sonnet dans le recueil de poèmes du duc d’Orléans, troisième fils de François Ier. Il écrit également dans le livre d’heures de la reine Catherine de Médicis ou de la reine Marie Stuart, et accède enfin au roi lui-même lorsqu’il écrit de la part de la reine un poème offert au roi avec une paire de gants.

Certains poèmes, enfin, ne s’adressent pas à un destinataire en particulier mais peuvent s’intégrer dans un contexte curial plus large. Ainsi, les fameux vers accrochés à des oiseaux prennent place dans une mise en scène galante et délicate, les petites créatures allant voler parmi les dames de Cour et révéler leurs petits trésors habilement troussés : de beaux vers qui font justement allusion à leur inhabituel support, et derrière lui, à celui qui écrit ces vers :

Une chose nous réconforte,
Estans pris comme nous trouvons,
Que les maistres que nous avons
Sont prisonniers de main plus forte.

Le poète maîtrise cette distraction de cour[43] avec un certain panache ; il se fait plus grave à l’heure de déplorer un deuil survenu dans l’entourage du roi, laissant sur le portrait du duc d’Orléans une adresse à celui qui le contemple[44]. On voit ici la plasticité du style de Saint-Gelais qui lui permet de s’adapter au contexte mouvant de la Cour de France, dans laquelle il conservera sa place d’élection, près du Prince, sous l’égide de deux rois bien différents, François Ier et Henri II.

Saint-Gelais apparaît donc comme un poète habile, capable d’assurer les faveurs des puissants et le maintien de son statut social. Les supports auxquels le poète a accès montrent même sa proximité avec les grands hommes et femmes de Cour. Allant au-delà d’une pratique courtoise consistant à dédier ses vers à des personnages éminent, Saint-Gelais inscrit directement ses vers sur des objets leur appartenant. Plusieurs grands noms, à l’instar du duc d’Orléans, de Diane de Poitiers, ou de Catherine de Médicis, gardent les vers de Saint-Gelais avec eux, directement annotés dans leurs livres par le poète. Les jeux de pouvoir peuvent être décryptés dans certains vers de Saint-Gelais. Prosper Blanchemain déduit ainsi d’un poème mis aux heures de la reine Marie Stuart que Mme d’Apchon était certainement l’une des filles d’honneur favorite de la reine. Saint-Gelais lui fait en effet jouer, dans ses vers, le rôle de sainte Élisabeth quand la reine devient la vierge Marie[45]. On voit ici que le poète connaît les us de la Cour et sait, galamment et savamment, jouer de ces liens de pouvoir au cœur de ses écrits. Les pièces écrites sur des supports inhabituels témoignant avec le plus d’acuité de la position du poète à la Cour sont certainement les deux poèmes accompagnant des gants[46] « donnés de la royne au roy ». Le poète en effet se fait le messager d’un dialogue amoureux entre les souverains, il est l’interprète de la reine et va exprimer au roi l’affection de sa femme, tout comme, peut-être, l’habileté de son grand aumônier. Ces poèmes évoquent leur support et flattent notamment les « fortes mains[47] » qui tiennent le royaume et le cœur de la souveraine. Le poète ici tient le subtil rôle d’intermédiaire entre les deux figures royales. On reconnaît également son aptitude à s’effacer derrière son sujet, ou derrière celle à qui il prête sa voix.

Ces poèmes sont le fait d’une écriture à la fois intime – car destinée à des lecteurs en particulier et inscrites sur des objets leur appartenant – et commune, c’est-à-dire intrinsèquement liée au contexte curial, à ses jeux et enjeux de pouvoir. L’utilisation des pronoms démonstratifs est intéressante dans ces poèmes, car elle révèle la singularité de leurs supports ; il en est de même pour le maillage de pronoms personnels et de possessifs, signes du dialogue entre le poète et l’objet de son don. Les occurrences des « je », « vous », « mon », « votre » sont innombrables dans ces pièces ; en témoigne l’exemple suivant, extrait d’un poème mis au psautier d’une demoiselle[48] et rejouant délicieusement la table des matières de l’ouvrage :

[…] A l’entree est ma Passion
Prinse en votre obstination,
Puis de nuict me chantent matines
Vos beautés contre moy mutines ; […]

L’alternance des possessifs, vers après vers, crée le balancement, le dialogue entre le poète et sa muse d’un jour. Ma / votre / me / vos vont ainsi aboutir au « contre moy », l’indifférence de la jeune femme condamnant le poète à figurer, dans ce psautier de rimes, « au feüillet des trespassés. »

Dans ces petites pièces délicates, entièrement  dépendantes de leur époque et de l’identité de ses destinataires – ce que Molinier appelle « l’à propos[49] » – Saint Gelais témoigne d’une écriture intimiste et profondément vivante.

Une poésie vivante

Au sujet des poèmes eux-mêmes, on remarque que le poète fait invariablement allusion au support dans ses vers, créant ainsi un effet d’adéquation entre support et sujet du poème. Écrire  sur peut alors revêtir deux significations : écrire sur un support donné ou écrire à propos d’un sujet donné. Lorsque Saint-Gelais choisit d’écrire à côté d’une image de Saint, dans quelque livre d’heures, ses vers évoqueront par exemple le martyre du Saint en question pour décrire les souffrances de l’amour impatient. Une dame, admirant une image de Saint Laurent en son livre d’heures, pouvait ainsi y lire l’injonction du poète :

Ce sainct martyr et son gril advisant,
Des fiers tyrans blasmez la cruauté,
Et ne pensez qu’en mes feux attisant
Plus cruelle est encor vostre beauté[50].

On dénombre vingt-cinq pièces de ce genre dans l’édition de Prosper Blanchemain. Le calendrier des heures est souvent le lieu tout désigné pour des vers évoquant jours, mois, années, fêtes. Compter ou évoquer les heures, lorsque le poème est inscrit sur un livre d’heures, est également un motif récurrent. La mention du livre, de l’instrument de musique, du reflet dans le miroir, etc. seront autant de thèmes appropriés à leurs supports respectifs. Saint Gelais s’inscrit bien dans une parfaite contemporanéité : un support, un destinataire pour un poème écrit dans un instant.

Cette pratique poétique rejoint sa politique éditoriale, qui consistait justement à refuser l’impression, la fixité de ses vers. Prosper Blanchemain décrit Saint Gelais comme un courtisan accompli, improvisant, en rimes voire en musique, au gré des fantaisies de la Cour :

Sans cesse il avoit à la bouche, soit un bon mot, soit quelques vers en l’honneur des dames, soit quelque épigramme salée et épicée pour faire rire les seigneurs de la cour. Doué d’une voix agréable et bon musicien, il chantoit lui-même ses vers, en s’accompagnant du luth […]. Falloit-il parler ? Il était orateur. […] Aucune fête n’était réussie s’il n’en avoit réglé les mascarades, écrit les vers, composé la musique[51].

Cette image d’un poète courtisan est partagée par Franck Lestringant et Josiane Rieu :

Il se plaît dans la forme concise et rime au gré des circonstances rondeaux, épigrammes, madrigaux et chansons. […] Sa poésie […] n’a d’autre ambition que de remplir un rôle social. […] Indifférent […] au sort d’une œuvre égrenée au fil des plaisirs et des jours, Saint-Gelais ne publia presque rien de son vivant[52].

La réputation de Saint Gelais, considéré comme un auteur fondamentalement courtisan, refusant la publication de ses textes, tend à le présenter comme un poète léger, secondaire. Les critiques s’accordent cependant pour reconnaître en Saint Gelais un improvisateur prodigieux, un musicien accompli, également traducteur, et initiateur, avec Marot, de nouvelles formes poétiques en France. « À l’exemple de Marot, Saint-Gelais est beaucoup plus savant qu’il ne veut paraître, et d’une diversité de savoirs qui stupéfie chez ce poète de Cour[53] » précisent ainsi Franck Lestringant et Josiane Rieu. Ici encore, la figure de l’auteur semble paradoxale : fuyante, mobile, mais incontournable dans son contexte social et dans ses apports à la poésie de son époque.

Cette question de la présence du poète, à la fois si ténue et si vivace chez Saint Gelais, se retrouve en effet dans son style, dont l’apparente simplicité est le fruit d’une grande maîtrise poétique. Les deux vers suivants peuvent sembler simplistes, presque dérisoires, ainsi annotés en marge d’un livre d’heures : « Heureux seroit le cœur que je vous livre, /Si vous lisiez en lui comme en ce livre[54] ».

Cependant, derrière la simplicité, derrière l’astuce, la main du poète est là : sonorités, jeu d’homonymies se croisent délicieusement dans deux vers à peine, qui contiennent, en plus du propos galant, l’astucieuse mention du support sur lequel vient se déposer le poème[55].

Mellin de Saint Gelais construit, avec ses poèmes inscrits sur des supports particuliers, une œuvre circonstancielle particulièrement vivante, dans laquelle la présence du poète se révèle avec une grande acuité. Ces poèmes seront plusieurs fois l’occasion, pour Saint Gelais, d’en appeler à la mémoire du destinataire : l’écrit permettra que l’on se souvienne de lui. Quatre poèmes – ou cinq si l’on intègre l’un de ceux que Saint-Gelais écrit à la place de la reine[56] – mettent ainsi clairement en jeu cette question : le poète laisse son écrit sur un livre, ou un autre support, pour que l’on se souvienne de lui. Lorsque vous lirez ce roman, exhorte le poème qui en accompagne le don, pensez à celui qui vous l’a offert, et qui vous écrit ces vers[57]. Les tablettes, lieu pour écrire ce que sa propriétaire ne veut pas oublier, sont désormais marquées de la main de Saint-Gelais[58]. Le livre d’heures annoté offrira l’occasion, pour la jeune femme qui le possède, de se rappeler Saint-Gelais à chaque lecture ; « Vous me pouvez faire heureux devenir / En vous daignant de moi ressouvenir[59] », intime le poète. Dans d’autres heures, Saint-Gelais écrit encore un poème de ce type :

Quand vous viendrez à regarder icy,
Avant que mettre ailleurs vostre courage,
Souvienne vous d’un qui a fait cecy,
De qui l’esprit vous demeure pour gage[60].

Chez ce poète qui refuse publication et immortalisation, le poème est bien une manière de conserver son souvenir présent, vivant, aux yeux du destinataire de la pièce. Cependant, l’immédiateté prime. Cette démarche esthétique fondamentalement sociale, provoque une tension, pour le lecteur d’aujourd’hui, entre des pièces aux contours plutôt flous, et leur acuité extrême en tant que témoignages d’une pratique sociale disparue. Ils maintiennent en vie non seulement leur auteur, mais également leur destinataire, et s’inscrivent dans un maillage de relations sociales, et curiales, entièrement dépendantes d’une époque, de ses modes de vie et modes de pouvoirs. A priori discret, volatil, Mellin de Saint Gelais apparaît bien comme un homme de son temps, proche des enjeux de Cour.

La question des supports d’écriture dans l’œuvre de Mellin de Saint Gelais permet ainsi de mettre en lumière une pratique poétique singulière, qui s’érige dans une parfaite contemporanéité au temps d’écriture. Les poèmes, créés pour leurs lecteurs immédiats, s’offrent comme autant de présents, aimables, galants, flatteurs ou grivois[61]. Le poète ne s’inscrit donc pas dans une logique de contrôle de ses écrits, destinée à favoriser la publication imprimée des textes, leur fixité et leur maintien dans le temps. Son projet esthétique est tout autre.

Cette poésie du surgissement apparaît alors comme fondamentalement vivante. Elle témoigne d’une époque, révèle la place vivide de son auteur dans le contexte curial. Les poèmes sont ainsi directement inscrits dans des ouvrages ou sur des objets appartenant à des personnages influents de la Cour de France, notamment la reine et ses suivantes.

Les supports des poèmes de Mellin de Saint Gelais révèlent une tension entre une œuvre évanescente, se refusant à l’immortalisation, et une poésie qui vit et palpite, au cœur de laquelle l’auteur semble imprimer le modeste désir que son destinataire garde avec lui un peu de Mellin de Saint Gelais :

Si ce lieu est pour escrire ordonné
Ce qu’il vous plaist avoir en souvenance,
Je vous requiers que lieu m’y soit donné.
Et que nul temps n’en oste l’ordonnance[62].

Manon GRAND, U. Angers
janvier 2016


BIBLIOGRAPHIE

1. Sources primaires

ŸÉditions modernes

Mellin de SAINT-GELAIS, Œuvres complètes, éd. Prosper Blanchemain, Paris, Bibliothèque Elzévirienne, 3 tomes, 1873.
Mellin de SAINT-GELAIS, Œuvres poétiques françaises, éd. Donald Stone Jr, Paris, STFM, 2 tomes, 1993-1995.

Ÿ Manuscrit

Ms. Belin 370.

2. Sources secondaires

Ÿ Monographies

Félix-Sébastien FEUILLET DE CONCHES, Causeries d’un curieux : variétés d’histoire et d’art tirées d’un cabinet d’autographes et de dessins, Paris, H. Plon, 1857-1864.
Eustache Hyacinte LANGLOIS, Enquête sur la calligraphie des manuscrits du Moyen-Âge et sur les ornements des premiers livres d’Heures imprimés, Rouen, Lefevre, 1841.
Franck LESTRINGANT, Josiane RIEU et Alexandre TARRETE, Littérature française du XVIème siècle, Paris, Puf, 2000.
Henri Joseph MOLINIER, Mellin de Saint-Gelays (1490 ?-1558) Etude sur sa vie et sur ses œuvres, Genève, Slatkine Reprints, 1968 (édition originale : 1910).

Ÿ Articles

Jean-Eudes GIROT, « Mellin de Saint-Gelais, poète éparpillé », Qui écrit ? Figures de l’auteur et des co-élaborateurs du texte XVe-XVIIIesiècle, dir. Martine Furno, Lyon, ENS éditions, coll. Métamorphoses du livre, 2009.
Pascal JOUBAUD, Claire SICARD, « Description du ms. Théophile Belin n°370 (CP) », Démêler Mellin de Saint-Gelais, Carnet de recherche Hypothèses, 29 août 2011, mis à jour le 27 juin 2015 [En ligne] http://demelermellin.hypotheses.org/1394., consulté le 26 octobre 2015.
Pascal JOUBAUD, Claire SICARD, « Mellin de Saint-Gelais : bibliographie / éditions imprimées du XVIsiècle », Démêler Mellin de Saint-Gelais, Carnet de recherche Hypothèses, 30 août 2011, mis à jour le 10 août 2015 [En ligne] http://demelermellin.hypotheses.org/2413, consulté le 21/11/2015.
Claire SICARD, « Nicolas Herberay offre sa traduction à Mellin de Saint-Gelais (1539) », Démêler Mellin de Saint-Gelais, Carnet de recherche Hypothèses, 18 août 2012, mis à jour le 28 août 2015 [En ligne] http://demelermellin.hypotheses.org/324, consulté le 27 octobre 2015.


NOTES

[1] « Plusieurs pour laisser d’eux mémoire », Œuvres complètes, éd. Prosper Blanchemain, Paris, Bibliothèque Elzévirienne, 3 tomes, 1873, tome 2, p. 155-156, Stone II, p. 202-203.
[2] « Il ne laissait en effet en mourant aucun témoignage sérieux de son talent et de son esprit, qui put rappeler à ses contemporains, et apprendre à ceux qui ne l’avaient pas connu, quel fut son vrai mérite. C’est que le poète courtisan avait négligé d’écrire. » Henri Joseph Molinier, Mellin de Saint-Gelays (1490 ?-1558) Etude sur sa vie et sur ses œuvres, Genève, Slatkine Reprints, 1968 (édition originale : 1910), p. 319, [en ligne] http://urlz.fr/2AX6, consulté le 19/10/2015.
[3] Certaines œuvres de Saint-Gelais ont cependant été publiées de son vivant. Pour la poésie, Œuvres, Lyon, Pierre de Tours, 1547. En prose, Advertissement sur les jugemens d’astrologie, à une studieuse damoyselle, Lyon, Jean de Tournes, 1546. Certaines pièces paraissent également dans des recueils polygraphiques ; la bibliographie en est dressée par Claire Sicard et Pascal Joubaud, « Mellin de Saint-Gelais : bibliographie / éditions imprimées du XVIsiècle », Démêler Mellin de Saint-Gelais, Carnet de recherche Hypothèses, 30 août 2011, mis à jour le 10 août 2015 [En ligne] http://demelermellin.hypotheses.org/2413, consulté le 21/11/2015.
[4] Œuvres complètes, éd. Prosper Blanchemain, Paris, Bibliothèque Elzévirienne, 3 tomes, 1873.
[5] Par exemple, « Quand vous lirez quelque compte en ce livre » intitulé « A un livre de Perceforest », op. cit., tome 2, p. 65, Stone II, p. 67.
[6] « Rien ne se fait des grands en ces bas lieux » intitulé « Sonnet VI Mis au Pétrarque de feu Monsieur le Duc d’Orléans », op. cit., tome 1, p. 287, Stone I, p. 186.
[7] Par exemple, « Traves, si tous vos serviteurs » intitulé « Sur la guiterre de Mme de Grantmont », op. cit., tome 3, p. 114, Stone II, p. 38.
[8] « Si ce lieu est pour escrire ordonné » intitulé « En des tablettes », op. cit., tome 2, p. 8-9, Stone II, p. 7.
[9] « Si ce que l’on voit apparoitre » intitulé « Escrit d’un dyamant sur le miroir de Mlle de Rohan », op. cit., tome 2, p. 28, Stone II, p. 27.
[10] « Vous qui n’avez cognu que par renom » intitulé « En une peinture de feu Monsieur d’Orléans », op. cit., tome 2, p. 80, Stone II, p. 79-80.
[11] Par exemple, « Du malheur ou bonne adventure » intitulé « En un gand », op. cit., tome 2, p. 7, Stone II, p. 6.
[12] « Cecy est pour blanchir vos dents » intitulé « D’une poudre », op. cit., tome 2, p. 38, Stone II, p. 36.
[13] « Escriteaux attachés aux pieds de petits oyseaux », op. cit., tome 2, p. 35-37, Stone II, p. 34-35.
[14] « Estant icy tout seul à la fenestre » intitulé « Envoyé d’une fenestre », op. cit., tome 2, p. 67, Stone II, p. 69.
[15] Cf. Jean-Eudes Girot, « Mellin de Saint-Gelais, poète éparpillé », Qui écrit ? Figures de l’auteur et des co-élaborateurs du texte XVe-XVIIIesiècle, dir. Martine Furno, Lyon, ENS éditions, coll. Métamorphoses du livre, 2009, p. 95-108.
[16] Pour ces titres, Blanchemain s’appuie sur deux éditions précédentes (éd. Harsy, 1574, éd. La Monnoye, 1719) et sur des manuscrits.
[17] Manuscrit détenu en mains privées.
[18] Pascal Joubaud et Claire Sicard, « Description du ms. Théophile Belin n°370 (CP) », Démêler Mellin de Saint-Gelais, Carnet de recherche Hypothèses, 29 août 2011, mis à jour le 27 juin 2015 [En ligne] http://demelermellin.hypotheses.org/1394., consulté le 26 octobre 2015.
[19] « Ms. Belin 370, f. 112 r.
[20] Œuvres complètes, éd. Prosper Blanchemain, Paris, Bibliothèque Elzévirienne, 3 tomes, 1873, tome 2, p. 25-26, Stone II, p. 23.
[21] Op. cit., note 3.
[22] Félix-Sébastien Feuillet de Conches, Causeries d’un curieux : variétés d’histoire et d’art tirées d’un cabinet d’autographes et de dessins, Paris, H. Plon, 1857-1864, tome 2, p. 392, [en ligne] http://urlz.fr/2AWK, consulté le 10/10/2015.
[23] Œuvres complètes, éd. Prosper Blanchemain, Paris, Bibliothèque Elzévirienne, 3 tomes, 1873, tome 2, p. 51-52.
[24] Op. cit., note I, p. 52.
[25] Eustache Hyacinte Langlois, Enquête sur la calligraphie des manuscrits du Moyen-Âge et sur les ornements des premiers livres d’Heures imprimés, Lefevre, 1841, [en ligne] http://urlz.fr/2AX7, consulté le 19/10/2015.
[26] Op. cit., p. 58.
[27] Op. cit., p. 58.
[28] Op. cit., p. 60.
[29] Henri Joseph Molinier, Mellin de Saint-Gelays (1490 ?-1558) Etude sur sa vie et sur ses œuvres, Genève, Slatkine Reprints, 1968 (édition originale : 1910), [en ligne] http://urlz.fr/2AX6, consulté le 19/10/2015.
[30] Op. cit., p. 190.
[31] Op. cit., p. 190.
[32] Op. cit., p. 191.
[33] Cette reconstruction romanesque est propre à la critique religieuse, qui n’hésite pas à évoquer une image peut-être différente de la réalité historique.
[34] Op. cit., p. 379, au sujet du poème « Mon Dieu ! si mes maux infinis » intitulé « En des heures sur l’image de David estant menacé de l’ange », éd. Prosper Blanchemain, op. cit., p. 113, Stone II, p. 46.
[35] « Traves, si tous vos serviteurs » intitulé « Sur la guiterre de Mme de Grantmont », op. cit., tome 3, p. 114-115, Stone II, p. 38.
[36] Op. cit., tome 3, note I, p. 115.
[37] « Ce psautier est à Janne de Savoye » intitulé « La mesme », op. cit., tome 2, p. 31, Stone II, p. 29.
[38] « Du malheur ou bonne aventure » intitulé « En un gand », op. cit., tome 2, p. 7, Stone II, p. 6.
[39] « Tout ainsi que ces heures blanches » intitulé « Sur un livre d’heures », op. cit., tome 2, p. 65, Stone II, p.64-65.
[40] Paris, Vincent Sertenas, 1555, reproduit in Œuvres complètes, éd. Prosper Blanchemain, Paris, Bibliothèque Elzévirienne, 3 tomes, 1873, tome 2, p. 301.
[41] Dans les pages liminaires de L’Amant mal traicté de s’amye, Reveu, et amendé, oultre les precedentes impressions, Toulouse, Jean de Fleurs, 1546, cf. Claire Sicard, « Nicolas Herberay offre sa traduction à Mellin de Saint-Gelais (1539) », Démêler Mellin de Saint-Gelais, Carnet de recherche Hypothèses, 18 août 2012, mis à jour le 28 août 2015 [En ligne] http://demelermellin.hypotheses.org/324, consulté le 27/10/2015.
[42] « Main qui tout peux clorre et ouvrir » intitulé « En un autre », Œuvres complètes, éd. Prosper Blanchemain, Paris, Bibliothèque Elzévirienne, 3 tomes, 1873, tome 2, p. 7, Stone II, p. 6.
[43] Celle-ci évoque une autre forme littéraire prisée de Mellin de Saint-Gelais : les mascarades, petites scènes presque théâtrales destinées à la reine et ses suivantes.
[44] « Vous qui n’avez cognu que par renom » intitulé « En une peincture de feu Monsieur d’Orléans », op. cit., tome 2, p. 80, Stone II, p. 79-80.
[45] « Si quelque Ange, après tant de grâce » intitulé « En une image de l’anonciation », op. cit., tome 2, p. 26, Stone II, p. 25.
[46] « Ainsi fut de tous les humains » intitulé « En des gands donnés de la royne au roy » et « Pour l’heur que vous tenez de moy » intitulé « En d’autres d’elle à luy », op. cit., tome 2, p. 27-28, Stone II, p. 26.
[47] « Ainsi fut de tous les humains » intitulé « En des gands donnés de la royne au roy », op. cit., tome 2, p. 27, Stone II, p. 26.
[48] « Avant qu’entrer en oraison » intitulé « Escrit dans le psautier d’une damoiselle », op. cit., tome 1, p. 262-263, Stone I, p. 120.
[49] Henri Joseph Molinier, Mellin de Saint-Gelays (1490?-1558) Etude sur sa vie et sur ses œuvres, Slatkine Reprints, Genève, 1968 (édition originale : 1910), p. 319, [en ligne] http://urlz.fr/2AX6, consulté le 19/10/2015.
[50] « Ce sainct martyr et son gril advisant » intitulé « En une image de Sainct Laurens, en des heures d’une dame », Œuvres complètes, éd. Prosper Blanchemain, Paris, Bibliothèque Elzévirienne, 3 tomes, 1873, tome 2, p. 17, Stone II, p. 18.
[51] Op. cit., tome 1, p. 15-16.
[52] Franck Lestringant, Josiane Rieu et Alexandre Tarrête, Littérature française du XVIème siècle, Paris, Puf, 2000, p. 138-139.
[53] Op. cit., p.138.
[54] « Heureux seroit le cœur que je vous livre » intitulé « En un mesme livre », Œuvres complètes, éd. Prosper Blanchemain, Paris, Bibliothèque Elzévirienne, 3 tomes, 1873, tome 3, p. 85, (Stone ne la retient pas comme étant de Saint-Gelais).
[55] Ces deux vers ont été attribués à Saint-Gelais par Blanchemain, sur la foi du ms. La Rochethulon. La question du support pourrait être un argument pour cette attribution. La prudence s’impose cependant ; on ne peut en effet être assuré que la pièce anonyme soit bien de Saint-Gelais.
[56] « Pour l’heur que vous tenez de moy » intitulé « En d’autres d’elles à luy », op. cit., tome 2, p. 28, Stone II, p. 26.
[57] « Quand vous lirez quelque compte en ce livre » intitulé « A un livre de Perceforest donné à une dame », op. cit., tome 2, p.65, Stone II, p. 67.
[58] « Si ce lieu pour escrire ordonné » intitulé « En des tablettes », op. cit., tome 2, p.78, Stone II, p. 7.
[59] « Vous pouvez me faire heureux devenir » intitulé « En unes autres », op. cit., tome 2, p. 47, Stone II, p. 46.
[60] « Quand vous viendrez à regarder icy » intitulé « A des heures », op. cit., tome 2, p. 13, Stone II, p. 13.
[61] Par exemple « Ce papier est moins honoré » intitulé « Sur la couverture des heures de Sainct Leger » : « Ce papier est moins honoré / Que le dedans peint et doré / Mais ce n’est pas peu d’aventure / De vous servir de couverture. », op. cit., tome 2, p. 35, Stone II, p. 31.
[62] « Si ce lieu pour escrire ordonné » intitulé « En des tablettes », op. cit., tome 2, p. 8, Stone II, p. 7.


Pour citer cet article :

Manon Grand, « Écrire sur. Mellin de Saint Gelais et les supports d’une poésie vivante », Poésie et pouvoir, pouvoir du poète – les cas Clément Marot et Mellin de Saint-GelaisLa Rimerie, Farrago numérique, Analyses, 25 janvier 2016 [En ligne] http://wp.me/P6Pjkj-ra.