Dernière mise à jour : 7 mars 2016

Plusieurs courts textes versifiés publiés dans les années 1540-1560 utilisent des variantes de l’amorce « Si tu veux voir, Lecteur ». Il s’agit généralement de liminaires composés pour célébrer le travail d’amis (cinq poèmes sur les six recensés jusqu’ici) et vantant auprès des lecteurs les qualités de l’ouvrage qu’ils inaugurent – dans la majorité des cas (les deux tiers des attestations trouvées à ce jour) une traduction. En voici la liste.

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  1. En 1542, un dizain de Mathurin Behey est adressé au lecteur et placé en tête du troisième livre de l’Amadis, traduit par Nicolas Herberay. La pièce commence « Si tu veulx veoir l’amytié, le discord » et se trouve dans l’édition parisienne fournie par Vincent Sertenas (voir ici le détail de cette référence bibliographique ainsi que les vers de Behey).
  2. En 1544, Jean Bouchet publie chez le même Sertenas, un dizain liminaire à la huitième satire de Juvénal traduite par Michel d’Amboise (dans Quatre Satyres de Juvenal) qui commence « Si voulez veoir par raisons et Histoires ».
  3. En 1550, un ami de Jacques Vincent fait paraître en tête du Troisième livre de Roland amoureux un dizain bâti sur l’anaphore du premier hémistiche : « Si tu veulx veoir (ô Lecteur amyable) ». Il paraît incontestable que l’auteur anonyme de ces vers fait ici référence, en un clin d’œil insistant, à la pièce de Mathurin Behey, parue elle aussi en tête du troisième livre de la traduction du roman de chevalerie considéré comme le parangon du genre. Par ailleurs, dans la pièce suivante – un huitain qui commence « Si d’Amadis l’affable traducteur » – ce même admirateur de Jacques Vincent compare explicitement son ami à Nicolas Herberay).
  4. En 1556, François Habert publie dans La Harangue de la déesse Astrée un sonnet dont le premier vers est « Si tu veux voir la grand utilité ».
  5. En 1558, son jeune frère, Pierre Habert, place en tête de la traduction des divins Oracles de Zoroastre fournie par François un onzain adressé aux lecteurs dont l’incipit est « Si tu requiers voir chose magnifique ».
  6. En 1565, l’imprimeur angoumoisin Jean de Minières ouvre le recueil de Jacques GrezinAdvertissements faicts à l’homme par les fléaux de Nostre Seigneur, de la punition à lui deüe par son péché, comme est advenu depuis trois ans en ça (voir la fiche de l’œuvre ici) par un huitain adressé au lecteur et dont l’incipit est : « Si tu veulx veoir (amy Lecteur) ». La proximité entre ce vers et l’amorce des vers anonymes de 1550 est trop grande pour n’être que le fruit du hasard.

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Pour citer cet article :

Claire Sicard, « Fiche de synthèse. D’une amorce de bateleur, « Si tu veux voir, lecteur » », La Rimerie, Farrago numérique, 7 mars 2016 [En ligne] http://wp.me/P6Pjkj-zK.