Dernière mise à jour : 8 avril 2016

Dans plusieurs pièces des années 1530-1560, les auteurs se présentent comme des « riens », éventuellement susceptibles, par la faveur du Prince, de devenir « quelque chose ». Cette fiche, qui a vocation à être complétée peu à peu, propose une liste des occurrences déjà recensées.

  • Les entrées sont classées chronologiquement.
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  • Ceux qui sont associés à un incipit de poème pointent vers la fiche consacrée à ce texte.
  • D’autres liens, vers des ressources externes, complètent parfois l’information sur les ouvrages recensés.

  1. Clément Marot, Suite de l’Adolescence clémentine, 1534
    → Epistre XVIII, « Au Reverendissime Cardinal de Lorraine », v. 54 (éd. Defaux, t. I, p. 319) : « De m’avoir faict de neant quelcque chose ».
  2. Claude Chappuys, Discours de la court, 1543
  3. Mellin de Saint-Gelais, Recueil de vraye poesie, 1543 (1ère attestation)
    « De moins que rien à peu l’on peult venir ».
  4. Mellin de Saint-Gelais, « Le Roy, prochain du celeste pouvoir », non datable, vraisemblablement avant 1547
    → Œuvres poétiques françaises, t. I, éd. D. Stone, STFM, 1993, p. 111, v. 1-3 :
    Le Roy, prochain du celeste pouvoir,
    Pour faire à Rien nouvelle essence avoir,
    De rien me feit l’un des siens devenir.
  5. Marc-Antoine Muret, Juvenilia, 1553 (pièce antérieure à 1549)
    → Épigramme XXXVI « Pour Charles de Sainte-Maure, à Marguerite de Navarre » (voir ici la numérisation de l’ouvrage – BVH) :
    Te sine nil, sed multa tuo cum numine possum :
         Nititur auxilio spes mihi tota tuo.
    Ipse quidem prorsus nihil hoc sum tempore : sed tu
         Ex nihilo me aliquid reddere, diva, potes.
    (trad. Virginie Leroux, Genève, Droz, 2009, v. 13-16) :
    Je ne peux rien sans toi, mais tout avec ton soutien :
         tout mon espoir repose en ton secours.
    Aujourd’hui, je ne suis rien du tout ; mais toi, divine,
         tu peux de rien faire de moi quelque chose.
  6. Nicolas Bargedé, Les Odes pénitentes du moins que rien, 1550
    → Cet auteur signe ses œuvres de la devise : « Le Moins que rien »
  7. Joachim Du Bellay, Les Regrets, 1558
    → sonnet 130, v. 12-14 :
    Elargissez encor sur moy vostre pouvoir,
    Sur moy, qui ne suis rien : à fin de faire voir
    Que de rien un grand Roy peult faire quelque chose.

Même si le motif du « rien » est exploité d’une façon différente par Sagon, signalons également l’usage que cet auteur fait de l’antithèse entre « tout » et « rien ».

François Sagon, Recueil des Estrenes, 1539 n.s.
→ « Dixain pour estrener mon Rien du Monde, à qui je suis par allyance à Tout le monde », f. Biij r°-v° qui commence « Si Tout, à Rien, peult union souffrir »

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Pour citer cet article :

Claire Sicard, « Fiche de synthèse. De rien être (ou non) fait quelque chose », La Rimerie, Farrago numérique, 8 avril 2016 [En ligne] .