Voici l’enregistrement audio d’une conférence donnée le 29 février 2016 à l’Université Rennes II par Philippe Guérin (professeur à l’Université Paris-Sorbonne nouvelle), dans le cadre des Conférences de la Bibliothèque universitaire, en collaboration avec le département d’Italien. La communication s’accompagne de la présentation d’un exemplaire de ce fac-similé, conservé dans la réserve moderne sous la cote [XE 5825.

Argumentaire

Ce manuscrit exceptionnel à tous égards s’est retrouvé après bien des pérégrinations à la Bibliothèque vaticane, où il est conservé sous la cote [Vat. lat. 3195. En 2003, l’éditeur Antenore de Padoue en a donné un fac-similé de très haute qualité, au tirage restreint, accompagné d’un important volume de commentaire.
« Plusieurs étapes jalonnent le long processus de mise au point du projet inouï, plusieurs « rédactions » de ce que l’on finira par appeler beaucoup plus tard le Canzoniere (les premières traces d’un recueil remontent à 1342), et qui, pour son auteur, ne s’intitulera jamais en réalité que Rerum vulgarium fragmenta. Remise incessante de l’ouvrage sur le métier, donc, pendant trois décennies, pour aboutir à la décision de mettre la main à une version définitive, destinée à la postérité. Il faut alors « mettre en ordre », reprendre, réécrire, et aussi compléter en vue d’un état final qui soit le plus parfaitement possible stabilisé. Mais les copistes sont des sagouins, et Pétrarque s’en méfie à l’extrême.
C’est pourquoi il embauche en 1366 un jeune homme particulièrement doué, à la fois versé dans les lettres et superbe calligraphe, un certain Giovanni Malpaghini de Ravenne qui, logé et nourri chez le poète, transcrit sous l’œil vigilant de celui-ci les sonnets, chansons, sextines, ballades et madrigaux en un ordre bien précis assemblés. Si ce n’est qu’en avril 1367, le jeune homme s’enfuit sans donner d’explication.
Pétrarque prend alors une deuxième décision tout à fait inattendue, qui n’est anecdotique qu’en apparence : il poursuit lui-même le travail, de sa propre main, jusqu’à la veille de sa mort, jusqu’au moment où, sur ce manuscrit se voulant ab initio définitif, en un ultime repentir quant à l’ordre final du recueil, modifiant donc in extremis le sens ultime à donner à l’ensemble, il renumérote en chiffres arabes dans la marge les trente et un derniers poèmes… ».

Autour du fac-similé du manuscrit du Chansonnier de Pétrarque

Source : L’aire d’U – Université de Rennes II.
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