Une grande partie de la production versifiée composée du vivant de Clément Marot et jusqu’aux guerres civiles au moins est considérée avec le plus grand mépris par Du Bellay, Ronsard et leurs amis. « Vieilles épisseries », fruits modestes du labeur dépourvu de furor de rhétoriqueurs, de versificateurs, de poétastres, de rimeurs voire de rimailleurs plus que de poètes – selon leurs détracteurs – ces textes sont longtemps restés dans un angle mort de la critique. Aujourd’hui encore, peu de travaux leur sont consacrés. À maints égards pourtant, ils méritent qu’on les lise, qu’on les étudie et qu’on mette au jour la spécificité comme l’intérêt des pratiques dont ils témoignent.

Projet & mise en œuvre

Le présent site entend participer au travail de redécouverte de ces vers sans préjuger de leur valeur. De fait, ce type d’évaluation – s’il a toute sa place et sa légitimité dans le cadre d’une lecture d’agrément – fausse les perspectives de l’analyse critique. Or le mépris condescendant dans lequel on a pu tenir (et tient parfois encore) ces textes, peut résulter de l’application de grilles de lecture certes pertinentes pour la poésie que l’on nomme commodément « de la Pléiade » mais auxquelles les pièces qui nous intéressent ici, esthétiquement et idéologiquement bien différentes, ne sont pas réductibles. Il ne s’agit pas pour autant, en un mouvement contraire tout aussi peu opportun, de porter au pinacle de supposés trésors poétiques, oubliés et méconnus. Le projet vise plutôt à mieux comprendre ce qui pouvait, dans les années 1530-1560, se jouer dans la composition et la diffusion de ce type de vers, tandis que s’imposait peu à peu une autre manière d’envisager la poésie.

Pour ce faire, la farrago* numérique de Claire Sicard s’empare et se pare avec malice du terme a priori péjoratif de Rimerie – qu’utilisent des marotiques eux-mêmes, tel Michel d’Amboise, comme en témoigne la première strophe d’une des ballades du Secret d’amour citée en marge de cette page.

Collationnés dans le respect des règles présentées dans le protocole de transcription, les textes sont accessibles par leur incipit. Dans l’index recensant ces pièces, les entrées en gras indiquent quelles pièces ont déjà fait l’objet d’un encodage en XML-TEI et été mises en ligne sur le site Telleme.fr, sur lequel La Rimerie sera progressivement transférée.

Chaque fiche-poème fournit, outre le texte lui-même, l’indication de sa ou de ses sources ainsi que des renvois vers le glossaire et l’index nominum du site, quand il a paru nécessaire d’expliciter le sens d’un mot ou de fournir des informations sur les personnes et les lieux mentionnés dans la pièce. Ces indications, toujours brèves, ne prétendent nullement à l’exhaustivité. Elles visent seulement, comme un appareil de notes, à faciliter la compréhension des textes. Des éléments sommaires de commentaire, ou des renvois vers d’autres poèmes, complètent parfois les fiches.

Contact : larimerie16@gmail.com

* Sur ce terme et la pratique de la farrago, de la « ferraille » et autre « bigarrure » à la Renaissance, voir l’article de Michel Simonin, « Ferrailles et ferragines : vers en vrac à la Renaissance », Le Poète et son œuvre. De la composition à la publication, dir. J.-E. Girot, Genève, Droz, 2004, p. 1-8. [Retour dans le corps du texte]